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Situé dans le nord du Périgord, entre Mareuil sur Belle et Nontron, Bellussière fait partie de la nébuleuse de châteaux et manoirs qui caractérisent cette partie du Périgord.

Initialement rattaché à la commune de Beaussac, avant la création de la commune de Rudeau-Ladosse après la révolution, Bellussière présente la caractéristique de ne présenter aucun intérêt sur le plan défensif.

Apprenez-en plus sur ses caractéristiques très curieuses.

La Construction

La construction de Bellussière est peu connue, la partie la plus ancienne est la tour dite carrée, qui pourrait remonter au XIIème siècle. Mais le document écrit le plus ancien faisant mention de la maison est daté de 1370.
Coup sur coup, un premier corps de logis fût adossé à la tour, puis un deuxième, avant la constuction de la tour dite ronde. Là encore, aucune date ne permet certifier les ajouts, mais des indices indiqueraient que ces changement eurent lieu entre le XVème et le XVIème siècle, date à laquelle les Grand de Luxolière héritèrent de la Bellussière.

Dès leur installation, ces derniers lancèrent de grands travaux d’aménagement et de rénovation. Deux dépendances de style Louis XIII furent construites, et la maison fut harmoniser extérieurement. Par ailleurs, ce sont eux qui mirent en place le toit en ardoise recouvrant la terrasse et le chemin de ronde de la tour carrée.

Les derniers grands travaux furent lancés par Robert Grand de Bellussière à la fin du XIXème siècle. Avec l’aide de sa femme, ils s’engagèrent dans un vaste plan de restructuration, tant du point de vue extérieur qu’intérieur.
La maison fut réaménager autour d’un grand escalier, désservant les différents étages jusqu’aux combles, des chambres individuelles furent créées pour s’adapter aux nouvelles mœurs de l’époque.
Le rez-de-chaussée accueillit la salle à manger, le grand salon, et le vestibule, le tout dans le style un peu baroque de l’époque. La façade extérieure fut rafraîchie aussi, et niveler de nouveau comme en témoigne ces clichés, les plus anciens en notre possession.

Par ailleurs, de récents travaux (±1995) mirent en évidence des traces bien plus anciennes de construction. En effet, à environ un mètre sous terre, une rangée de pierres taillées fut dégagée et remontée. Parmi ces pierres, une était arrondi, permettant d’indiquer un pas de porte, ou une pierre d’angle. Autre particularité, ces pierres étaient posées à même le sol, sur un lit de brique, faisant penser aux méthodes romaines de construction, où ce genre d’installation était utilisée afin d’isoler. Enfin, l’accès à ces pierres se fait par l’intermédiaire d’un puit, et permet de communique avec la cave de Bellussière. L’agencement global indiquerait alors la présence d’un cluzeau romain, faisant remonter l’exploitation du site bien avant la construction de Bellussière.

La Tour Carrée

La tour dite carrée serait la partie la plus ancienne la maison, datée entre le XIIème et le XIVème siècle. De ce que nous savons, elle n’a été que très peu réaménagée, mais elle présente plusieurs caractéristiques étonnantes.

Environnement

La première est sa situtation géographique, pourquoi un tel édifice a-t-il été construit ici ? En effet, cette tour est placée dans une pente, ce qui rend l’intérêt défensif quasi-nul, surtout avec les positions dominantes des châteaux alentours (Connezac, Au Cors…). Des hypothèses sur la présence de fer et d’eau dans la région peut être un argument suffisant pour justifier la présence de l’édifice, mais aucun document ne permet de le valider.

En regardant de plus près les plans de la tour, on constate une forme non pas carrée, mais en fer de lance, et orientée suivant les points cardinaux, la pointe étant dirigée plein sud. La forme et l’orientation suggère que l’architecte avait une motivation particulière, et voulait sûrement désigner un point particulier, mais lequel ?

Structure intérieure

La stucture interne des pièces est aussi intrigante. En effet, la tour étant construite en fer de lance, il serait logique de retrouver cette forme dans les pièces intérieures, il n’en est rien : de la cave au grenier, elles sont de forme carrée, ce qui implique donc une épaisseur des murs différentes suivant les côtés, compliquant d’autant la construction.

On remarque en plus que des réduits ont été aménagés dans la pointe de la tour à chaque étage, sûrement pour gagner de la place, avec toutefois une particularité pour la cave : il n’est accessible que de l’étage au-dessus, donc par le haut. Ce qui suggère une oubliette.

La gargouille

Par ailleurs, comme vestige de l’ancienne terrasse, il ne reste qu’une gargouille. Cette dernière représenterait un humain manchot au lieu d’un animal, elle est protégée par un surplomb, et l’eau s’écoule par la gorge, et non pas par la bouche. Dans l’icônographie moyennageuse, le manchot est un symbole de savoir, ce qui pourrait expliquer sa présence ici.

L’heptagone

Enfin, il faut mentionner l’élément le plus intéressant de la maison : un assemblage de pierres taillées sous la forme d’un heptagone régulier. Sa conception est un exploit mathématiques et géométrique : construire un tel polygone n’est pas aisé car sa construction même repose sur Pi, rendant impossible une solution exacte.

Or, en regardant de plus près, et en s’intéressant aux dimensions de la tour, un lien peut être établie entre cet heptagone et la tour : des proportions au format 4/3 (valeur approchée du nombre d’or), et le centre est situé sur le grand axe de la tour.

Au final, nous ne savons pas grand chose de cet édifice, l’absence de preuve écrite rend l’ensemble encore plus floue, et ne permet que d’émettre des hypothèses sur les objectifs des constructeurs de Bellussière.